Collectif Romeurope du Val Maubuée

Membre du Collectif National Droits de l'Homme Romeurope

« Nous, notre musique, on n’en parle pas »

Il y a ceux qui l’aiment, et qu’ils la comprennent ou non, il y a ceux qui se moquent d’elle quand elle court derrière eux avec son enregistreur ! Mais eux aussi l’incluent dans leur vie. De qui s’agit-il ? Des musiciens tsiganes des rames du métro parisien que la jeune ethno-musicologue Héloïse Boullet découvre en 2000 et qu’elle va suivre pendant deux ans.

Elle s’intéressera à leur parcours personnel, à leur quotidien et, elle-même violoniste brillante, jouera avec eux. Elle livre ce témoignage passionnant dans son mémoire de maîtrise de musique et musicologie – objet de la première partie du livre. Elle observe aussi le voyageur du métro, auditeur malgré lui ; après lecture, plus personne n’entendra les musiciens de la même manière !

Après la musique « pour les autres », celle du métro, elle accède aux musiques que jouent les musiciens dans l’intimité, dans les chambres d’hôtels ou lors des fêtes : les « musiques pour soi » ou « musiques à écouter » sur lesquelles porte la seconde partie du livre (mémoire de DEA).

Sur le site du SEEM de Paris-Sorbonne, tsiganes métro, on trouvera le répertoire musette joué dans le métro : Héloïse Boullet a travaillé sur les réinterprétations par les musiciens tsiganes de La foule d’Edith Piaf et du Grand blond de Vladimir Cosma. Après cette plongée dans l’univers du métro, on entendra les enregistrements des chants lyriques et des hora, les musiques « de chagrin », qui sont également transcrites, traduites et analysées pour tenter d’en saisir la force d’émotion. Ces enregistrements et exemples musicaux qui ont fait tant courir Héloïse dans le métro sont un merveilleux souvenir qu’elle nous a laissé, elle qui nous a quittés en août 2010, et qui avait si bien su nous parler de la musique et de ses amis musiciens.

heloise boullet tsiganes metroLes Editions du panthéon, Paris, 292 pages, 2014, 19,90€.

 

(Source : Etudes Tsiganes n°56-57, p.269, texte de Catherine Poulain, )

 

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