Collectif Romeurope du Val Maubuée

Membre du Collectif National Droits de l'Homme Romeurope

Roms et Français font leur service civique ensemble

Dans le grand hangar à Toulouse où ils travaillent ensemble, on entend des bribes d’espagnol, de romani et de roumain. Une joyeuse bande de jeunes en t-shirt orange récupère du matériel pour la construction d’un char. Du 18 janvier au 15 juillet, dix Français font leur service civique à Toulouse en compagnie de dix Roms, tous de nationalité roumaine, avec l’association Unis-Cité : c’est l’équipe des «Melting Potes». Pour cette mission humanitaire, ils sont rémunérés à hauteur de 573 € par l’État et Unis-Cité.

Mélanger les cultures

Stéphane Quéméneur, qui coordonne l’équipe, explique que le but du projet est «de mélanger les cultures, de faire s’effondrer les préjugés, et d’intégrer des Roms à la société française.» Ces derniers ont été recrutés via des associations qui travaillent avec eux, et ont passé un entretien, comme n’importe quel candidat.Ces jeunes de 18 à 25 ans réalisent des activités caritatives variées. Ils aident les employés d’Emmaüs, rendent visite à des personnes âgées isolées avec Allô Bernard, s’occupent du jardin collaboratif de l’université Paul Sabatier, et fabriquent ce char pour le carnaval de Toulouse du 2 au 9 avril. Stéphane Quéméneur affirme avoir privilégié «certaines activités manuelles, pour lesquelles il n’y a pas de barrière de la langue.» Les Roms prennent aussi des cours de français. La majorité d’entre eux ne le parlent presque pas. Ceux qui le maîtrisent jouent le rôle d’interprètes au sein du groupe.

Ouverture extraordinaire

C’est le cas d’Alina Müller, 23 ans. Elle dit adorer l’ambiance de la mission, et pense que cela l’aidera à trouver un travail. Elle ne sait pas encore vers quelle branche se diriger, mais est déterminée à chercher un emploi à la fin de son service civique. Avec un sourire, elle dit qu’elle ne veut pas rester «comme ça» en montrant le sol avec ses pouces. C’est aussi une ouverture extraordinaire pour les Français. Céline Dulong, 19 ans, raconte qu’elle a oublié les stéréotypes qu’elle avait sur les Roms, et découvert une culture : «j’ai remarqué qu’ils sont très partageurs, par exemple, s’il ne leur reste qu’une cigarette pour cinq, ils la fument tous ensemble !» Stéphane Quéméneur est fier de la «belle énergie» qui se dégage de ce groupe. «On ne savait pas à quoi s’attendre, on est agréablement surpris», ajoute-t-il. Le programme pourrait être développé dans d’autres villes de France

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