Collectif Romeurope du Val Maubuée

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Les expulsions : le difficile quotidien des Roms

ESSONNE INFO | Par Jérôme Lemonnier | Publié le vendredi 26 février 2016

Ce vendredi 26 février, le tribunal doit se prononcer sur le démantèlement de deux campements roms situés sur la commune de Wissous. Une situation périlleuse que certains ont déjà vécue à maintes reprises.

Roms

L’un des camps roms de Wissous, presque totalement abandonné. (JL/EI)

« Je ne sais même plus dans combien de camps j’ai vécu ». Par ces mots, Odor, un membre de la communauté rom vivant à Wissous résume un grand pan des huit dernières années de sa vie passées en France. Lui et sa famille venue de Roumanie, se sont vus expulser des différents bidonvilles au sein desquels ils tentaient de bâtir un quotidien stable dans cet environnement précaire. Et cela risque de se reproduire une fois de plus en début de semaine prochaine pour eux comme pour le restant de leur communauté vivant également sur place.

Une expulsion pour le « bien de tous » ?

Grosjean et Baloche, voici les noms de ces deux camps qui ont fleuri en périphérie de cette petite commune du nord du département, confinée entre l’autoroute A6 d’un côté et la zone aéroportuaire d’Orly de l’autre. En quelques mois d’existence, ces camps regroupaient plusieurs centaines de personnes en leur sein. Une population d’ailleurs « très difficilement quantifiable », indiquaient quelques observateurs, qui évoquaient plus de 300 personnes sur le plus grand des deux camps, basé sur un des flancs de l’autoroute.

Outre les propriétaires des terrains, la municipalité a manifesté son souhait d’expulser ces populations, qui occupaient de manière illicite ces espaces. Renforcé dans sa décision par un important incendie dans l’un de ces camps, le maire Richard Trinquier a choisi d’ordonner l’expulsion de ces deux camps en octobre dernier. « Ils polluent les riverains par d’épaisses fumées et des odeurs irrespirables […] Les abords des 2 camps deviennent une vraie déchetterie sauvage »,indiquait-il dans l’un de ces éditos municipaux à ses administrés. «Mon rôle de Maire est d’assurer la sécurité et la quiétude de mes concitoyens, mais aussi de juger des conditions de salubrité et d’hygiène pour les habitants des deux camps. Il était temps pour tous d’agir et de les faire évacuer pour leur bien et surtout le bien de tous les Wissoussiens ».

« Tout recommencer de zéro »

L’expulsion était pourtant imminente depuis la semaine dernière. C’était sans compter sur le dépôt d’un référé auprès du tribunal. En effet, ce vendredi 26 février, le tribunal doit étudier l’un des référés lancés par l’avocate des Roms, Julie Bonnier, dont le but est de casser les arrêtés municipaux ordonnant l’expulsion des camps présents sur la commune de Wissous. « Rien n’est encore fait, mais concrètement, il y a peu de chances que le référé soit reçu », déplore Laurent Ott, le président de l’association Intermède Robinson, qui suit la communauté rom de Wissous.

Toutefois, même si le tribunal peut encore revenir sur sa décision de faire démanteler ces bidonvilles, la majeure partie des familles roms a déjà fait le choix de fuir les camps occupés depuis de nombreux mois. « C’est l’effet néfaste des annonces d’expulsion imminente et des fréquents passages de patrouilles de police devant les camps qui a fait que les familles ont pris peur. Beaucoup ne souhaitent pas revivre une nouvelle expulsion », lâche Laurent Ott.

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