Collectif Romeurope du Val Maubuée

Membre du Collectif National Droits de l'Homme Romeurope

La réponse de nos élus à la grande précarité des populations roms : l’inhumanité

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Des solutions ont-elles été recherchées pour faire évoluer la situation des populations roms du Val Maubuée ? La réponse est NON.

Vendredi 12 février 2016 , la 45° expulsion a eu lieu en 3 ans et demi (soit presqu’une expulsion par mois) sur le secteur du Val Maubuée. Nos élus locaux peuvent se vanter de détenir la pelleteuse d’or, tant le nombre d’expulsions et leur fréquence sont hors du commun. Mais cette fois, outre le caractère récurrent, inutile et coûteux de leur politique, l’inhumanité a été atteinte.

1) L’évacuation d’un squat à Noisiel, alors qu’une décision de justice permettait son occupation jusqu’à la fin de la trêve hivernale

Alors qu’une décision de justice laissait aux habitants le bénéfice de la trêve hivernale, le maire de Noisiel a pris, le 8 février, un arrêté de péril permettant d’évacuer les occupants à l’expiration d’un délai de 48 heures. Habile moyen de contourner une décision de justice.

Alors, le 12 au matin, pas moins de 10 cars de CRS étaient sur place pour expulser 120 personnes, du fait de cet arrêté qui n’a pour seule vocation que de contourner la loi et le droit.

Au cours de cette expulsion, les personnes se sont vues interdire par la police le droit de récupérer leurs biens. Il a fallu demander à la police le droit que les habitants puissent récupérer leurs biens, mais malgré le rappel par notre collectif du droit applicable, ils n’ont eu que celui de récupérer leurs papiers, au prix des pires difficultés.

2) La mise à la rue en plein hiver des habitants de 3 bidonvilles en violation de la promesse faite devant un juge de les mettre à l’abri

Dans la matinée du 12 février, le Tribunal administratif de Melun refusait – pour des motifs contestables – d’annuler des arrêtés d’évacuation de bidonvilles pris par Madame TALLET, maire de Champs Sur Marne.

Dans la ½ heure qui a suivi cette décision, 10 cars de CRS sont venus expulser les familles des bidonvilles concernés, alors que la plupart d’entre elles étaient parties travailler de sorte qu’elles n’ont pas pu récupérer un minimum de leurs biens.

Cette expulsion fut conduite dans l’urgence et la précipitation. L’incendie d’une habitation (baraquement) et sa propagation à deux autres habitations, s’est produit alors que le campement était déjà investi et contrôlé par la police, et que l’évacuation des habitants était en cours.

Par ailleurs ni la Croix Rouge, ni le 115 n’avaient été selon leurs dires prévenus de cette intervention et de l’obligation qui était la leur de prendre en charge les familles ainsi jetées à la rue.

Mais le plus grave est que la veille devant le Tribunal Administratif, la Mairie de Champs sur Marne affirmait qu’elle mettrait un local à disposition pour mettre le gens à l’abri dans l’attente d’une prise en charge par le 115. Or, il a été impossible d’accéder au local en question.

Plus de 77 personnes (dont la moitié des enfants) étaient, vendredi soir et pour au moins le week-end, sans aucune solution d’hébergement, et sans aucune perspective de prise en charge, mises ainsi à la rue en plein hiver par l’État, qui a accordé à la mairie le concours de la force publique qu’elle sollicitait pour mettre à exécution ses arrêtés.

Pourtant, quelques jours auparavant, Madame Tallet signait avec d’autres collectivités locales un communiqué de presse qui condamnait la politique actuelle d’expulsions, couteuse, inutile et inhumaine. Parlant « d’urgence humanitaire pour les bidonvilles ». Et précisant que : « Les expulsions systématiques ne constituent en rien une solution, elles ne font que déplacer les problèmes et ruinent les premiers jalons de l’insertion. » et qualifiant ces expulsions de « situation inacceptable».

La confrontation du discours aux actes de Madame TALLET, maire communiste de Champs Sur Marne, est éloquente.

De même que celle de l’État, qui prône la mise en oeuvre des « principes de dignité et d’humanité » (circulaire interministérielle du 26 août 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuations des campements illicites).

Le Collectif Romeurope du Val Maubuée

Télécharger le communiqué de presse (PDF)


REPORTAGE 

Hubert Marot, photographe indépendant et membre du Collectif romeurope du Val Maubuée depuis plusieurs années, nous livre ses photos de cette 45e expulsion.

Jeudi 11 février, 15h. Une nuit dans l’attente de la police et au petit jour toujours rien, notre avocate à déposé des référés libertés pour l’expulsion de ce matin . Ils ne sont cependant pas suspensifs. Elle a par ailleurs sollicité le préfet de région, le sous préfet en charge des campements illicites, la DIHAL, mais aussi l’ARS pour leur demander de suspendre cette expulsion. en attente cet après midi vers 16H30 de la décision du Tribunal Administratif de Melun ! Et malgré le malheur des familles, toujours le sourire !

Une nuit dans l'attente de la police et au petit jour toujours rien, notre avocate à déposé des référés libertés pour l'expulsion de ce matin . Ils ne sont cependant pas suspensifs. Elle a par ailleurs sollicité le préfet de région, le sous préfet en charge des campements illicites, la DIHAL, mais aussi l'ARS pour leur demander de suspendre cette expulsion. en attente cet après midi vers 16H30 de la décision du Tribunal Administratif de Melun ! Et malgré le malheur des familles, toujours le sourire ! (photo Hubert Marot)

 

Vendredi 12 février. Ce matin 7 heures, rien pas d’expulsion dans les campements de Champs-sur-Marne. Tout se passait dans la commune voisine, Noisiel, au squat de l’hôtel des Deux parcs : une centaine de personnes expulsées avec beaucoup d’enfants. Un gymnase a été mis a disposition par la commune en attendant la répartition des familles par le Samu Social (le 115).

 

Vendredi 12 février. Suite de cette journée mémorable. Ce matin l’expulsion du bidonville de Champs sur Marne n’a pas eu lieu à 7 heures mais à 13 heures quand une partie des familles était partie travailler ou tout simplement sortie du bidonville.

 

Samedi 13 février Au Noisiel, au gymnase du COSEC, mis à disposition après les évacuations du squat (100 à 120 personnes), sachant conjointement que ni le Samu Social, ni la Croix Rouge n’avaient été prévenu en amont de l’évacuation des 2 bidonvilles de Champs sur Marne dans l’ après-midi et que personne n’était prêt.
Hier soir la mairie de Noisiel, considérant que les personnes de Champs-sur-Marne n’avaient rien à voir avec Noisiel à dépêcher sur place la police municipale pour interdire l’accès du Gymnase aux personnes venants de Champs-sur-Marne. À 21H30 tout est rentré dans l’ordre. Sur les photos des familles des bidonvilles de Champs sur Marne.

Hier soir 21 heures près du campement de Champs-sur-Marne des familles sans solution de repli, merci Mme le maire !!!! (photo hubert marot) photo Hubert Marot photo Hubert Marot photo Hubert Marot photo Hubert Marot photo Hubert Marot photo Hubert Marot photo Hubert Marot photo Hubert Marot photo Hubert Marot photo Hubert Marot

 

Samedi 13 février, 14 h: Après le passage. du bulldozer Champs-sur-Marne.

 

Mardi 16 février . Ce matin au gymnase de Noisiel encore une quarantaine de personnes en attente d’un hébergement d’urgence, personnes du campement de Champs sur Marne.

Mercredi 17 février. Ce matin, les dernières familles en attente d’un hébergement d’urgence ont quitté me gymnase.


A lire aussi : un article dans Le Parisien  et un autre dans Le Journal de la Marne

 

 

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