Collectif Romeurope du Val Maubuée

Membre du Collectif National Droits de l'Homme Romeurope

Merci

Message qui fait suite à la condamnation des deux militants du Collectif Romeurope du Val-Maubuée par le TGI de Meaux le 12 juin 2015.

Bonjour,

Etre traduits en correctionnelle, puis condamnés pour avoir simplement œuvré pour le respect des droits de l’homme et des lois de la république, est d’une violence institutionnelle qui nous a profondément choqués, et perturbés.

La question d’un appel, au vu de ce qu’il s’était passé lors de l’audience – un policier est revenu sur ses déclarations, pour dire qu’il y avait eu une bousculade et qu’il n’avait pas été volontairement agressé- s’est très sérieusement posée.

En effet, comment, compte tenu de ce revirement et, en outre, des contradictions évidentes des policiers et de l’absence d’éléments à charge hormis les déclarations de certains d’entre eux peut-on en arriver à pareille décision ? Dès lors, le risque n’est-il pas plus important en appel ?

C’est pourtant le choix que nous avons fait, car nous espérons encore en la justice de ce pays.

Mais surtout les enjeux de cette condamnation, et le soutien que vous nous avez exprimé vis-à-vis de cette injustice, nous ont donné la force de passer outre cet affront, en espérant pouvoir nous expliquer sereinement devant la cour d’appel et y être entendus et compris.

Derrière ce combat, c’est aujourd’hui toute l’action militante qui est questionnée :

Avons-nous le droit de demander l’application et le respect du droit vis-à-vis de populations victimes de racisme d’état ?
Pouvons-nous encore espérer que, dans un pays qui a vu naître le concept des droits de l’homme et lui a donné les moyens de les respecter, il soit encore possible d’exprimer des positions, certes non majoritaires, mais simplement respectueuses des humains les plus fragiles et les plus précaires de notre société ?
Autrement dit qu’en est-il aujourd’hui du droit de militer, politiquement, syndicalement, associativement, etc… alors que ce sont ces militants qui ont créé et sauvé notre république, et en sont encore les figures emblématiques, mais qui depuis Sarkozy peuvent être réprimés (loi sur la sécurité intérieure1), et aujourd’hui espionnés grâce à la loi sur le renseignement instituée par Hollande.

Meaux, 28 mai 2015 (photo Hubert Marot)

Meaux, 28 mai 2015 (photo Hubert Marot)

Alors nous tenions à vous remercier, militants et citoyens, pour votre soutien et les différentes formes qu’il a pu prendre au cours de ces derniers mois (dons, messages de soutien, demandes de signature de pétition…)

Nous tenons également à remercier les associations nationales et locales pour leur engagement à défendre une cause centrale de notre société sans laquelle plus rien n’est possible. Nous les inviterons à nous retrouver prochainement pour la mise en place d’un comité de soutien afin de pouvoir aussi gérer cette situation dans la durée, la justice n’étant pas très rapide à gérer ses dossiers.

François Loret et Christian Dartus
1 C’est le cadre de notre condamnation

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