Collectif Romeurope du Val Maubuée

Membre du Collectif National Droits de l'Homme Romeurope

Bilan du travail du collectif depuis l’été 2014

Veuillez trouver ci-dessous le bilan du travail du collectif depuis l’été 2014 du Collectif Romeurope Val Maubuée.

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Bilan du travail du collectif depuis l’été 2014

Une équipe de 10 membres du collectif est partie durant 15 jours à la découverte de la Roumanie au mois de juillet 2014.

Il nous semblait important de comprendre les modes de fonctionnement, la ségrégation violente qui y règne vis-à-vis des populations roms, la misère générale du pays, l’impossibilité pour les plus défavorisés de trouver des ressources, des soutiens et des aides…

Le Collectif a décidé de mettre à profit cette expérience, et de la raconter via une exposition à la Maison de Quartier de la Ferme du Buisson. Celle-ci a eu lieu sur la deuxième quinzaine du mois de janvier 2015.

Ce fut un moment fort, partagé avec de nombreuses personnes et dans une ambiance très festive.

A la fin de l’été nous avons participé au Festival Fraicheur de Torcy, tenu un stand, présenté notre exposition, et permis à des musiciens de s’exprimer sur scène.

Dès les premiers jours d’automne nous avons repris nos permanences du mardi soir de 17 à 19 heures : inscriptions à Pôle Emploi, gestion des RV et des courriers reçus, actualisation, rédaction de CV, accompagnement juridique divers, présence active pour résoudre les problèmes liés à la santé: AME, etc. renseignements divers, problèmes de scolarisation: aide à remplir les dossiers, point sur l’hébergement en hôtel et nouvelles demandes, etc.)

Permanences suivies régulièrement par l’accompagnement des familles aux rendez-vous hospitaliers, scolaires, juridiques, Mission Locale ou Pôle Emploi.

Sans oublier les réunions à minima mensuelles de notre collectif.

Nous avons participé, voire sommes intervenus lors de conférences de presse sur ces questions, à Romeurope et à la Fondation Abbé Pierre.

De même et pratiquement chaque jour, nous sommes intervenus sur les différents bidonvilles et sur les hôtels où sont logées certaines familles pour les accompagner dans différentes démarches, administratives, juridiques sanitaires, scolaires. Il est particulièrement difficile de quantifier le nombre de ces accompagnements et encore moins le temps passé par les uns ou les autres. Sans vouloir exagérer la chose, je pense que les membres du collectif consacrent l’équivalent d’environ 2 temps plein de travail par semaine, tout ceci bénévolement bien entendu.

Nous avons également eu des réunions avec le 115 pour essayer de mieux planifier et organiser les prises en charges mais aussi pour communiquer sur le suivi par le 115 d’un certain nombre de familles vers le logement social.

Cette année fut aussi celle de la création de notre site Internet et de sa mise à jour quasi quotidienne.

Nous avons également tenté de travailler au mieux avec les « Enfants du canal » pour que le projet Romcivic serve le travail engagé et ne se fasse en double et en catimini. Compte tenu des choix fait par les « Enfants du canal », nous avons décidé de mettre fin à cette collaboration.

Nous avons également participé en partenariat avec d’autres associations, à la mise en place de goûters pour les enfants des bidonvilles.

Nous avons organisé plusieurs sorties à la Ferme du Buisson, pour des spectacles avec les enfants. Chaque fois ce fut de grands moments magiques et magnifiques.

Nous avons organisé avec la Maison des Jeunes de Noisiel une exposition rencontre « La route des Roms ». Hubert Marot y a exposé de magnifiques photos, un atelier jeu a été organisé avec les enfants, une soirée musicale et gastronomique a permis d’accueillir plus de 120 personnes pour partager ce moment festif, et une dernière soirée de théâtre Forum avec la participation des Roms a aussi été un grand moment à la fois fort, convivial et participatif.

Un film débat a également été organisé durant cette période, à la Ferme du Buisson (Spartacus et Cassandra). Nous y avions invité Jacques Debot, qui a très activement participé au débat.

Enfin avec Convivances, nous avons également élaboré ensemble un projet autour de la scolarisation des enfants. Ce projet a été proposé au Conseil Régional qui a accepté de nous le financer à hauteur de 30 000 €. Il faudra que nous trouvions un ou des autres partenaires pour le financement global de l’opération. Il nous faut encore travailler avec les militants pour une mise en œuvre à la rentrée scolaire 2015/2016.

Enfin deux interventions ont eu lieu, en partenariat avec l’AVIH, dans des écoles d’assistantes sociales à Paris.

Voilà pour les côtés sympathiques.

Pour ce qui est des expulsions, l’activité de notre collectif ne faiblit pas non plus du fait de politiques publiques et locales de plus en plus excluantes, discriminantes et racistes.

Sur cette année entre août 2014 et le 1er juillet 2015, 18 expulsions auront été organisées sur le secteur du Val-Maubuée. Soit un peu plus d’une expulsion et demie par mois et environ 2500 personnes jetées à la rue, avec des procédures de plus en plus violentes de la part des pouvoirs publics, qui ne se donnent même plus la peine de solliciter la justice.

Certaines familles ont eu à subir 4 expulsions en 3 mois…

Nos tentatives de relation et de collaboration avec la Mairie de Noisiel ont loin d’avoir été couronnées de succès : la proposition de participer à la fête de quartier de la Ferme du Buisson a été rejetée par la mairie, une lettre de protestation de 3 associations de Noisiel (Turbulences et Droit de cité(r) des femmes) a été envoyée à la mairie.

Nos récurrentes demandes de rendez-vous sont restées lettre morte, alors que le Maire se permet de dire qu’on ne peut pas discuter avec nous…

Quelques données statistiques sur le travail des permanences.

Les chiffres que nous présentons ici sont issus de la tenue de nos registres lors des permanences.

En 2014, nous avons tenu 23 permanences, du fait d’un démarrage en cours d’année.

Sur les 6 premiers de 2015, nous en avons tenu 21. Les comparaisons entre ces deux périodes sont donc tout à fait réalistes et crédibles.

la parité

Le premier constat que nous pouvons faire est une inversion du rapport hommes/femmes dans la fréquentation des permanences. Que peut-on en conclure ? Probablement un accroissement de notre crédibilité vis-à-vis des populations.

fréquentation 2014

fréquentation 2015

La fréquentation de nos permanences est elle aussi en évolution. Nous avons progressé sur un nombre identique de permanences de 23% dans la fréquentation.

Le trait noir du graphique représente la moyenne par permanence. Celle-ci était de 13 en 2014. Elle passe à 16 en 2015.

les demandes

Sur le champ des thématiques abordées lors de ces soirées, force est de constater également des évolutions significatives.

L’emploi s’est réduit de 70 à 45 %. Non pas que les personnes aient trouvé un emploi, mais en 2014, nous étions juste à la fin de la période d’exception vis-à-vis des citoyens roumains et bulgares, membres de l’Union Européenne. Mais surtout la question de Pôle Emploi, en particulier, a fait la démonstration de ses limites et de son incapacité à proposer des emplois.

A contrario, les questions autour de la santé ont pris une importance tout a fait centrale en doublant comparativement à ce qu’elles étaient l’an passé. Plusieurs choses peuvent expliquer ce changement. D’une part, et malgré les expulsions, une plus grande prise en compte de ces aspects et en particulier avec des résultats probants que ce soit sur l’obtention de l’AME, mais aussi sur la mise en place de processus de prise en charge via le Réseau AVIH qui participe activement à nos permanences.

Les thématiques liées à l’administratif et au juridique restent globalement stables. Nous traitons derrières ces questions de tout ce qui a trait aux procédures pénales, permis de visites, problèmes d’assurances automobiles ou de cartes grises. En 2014, une grosse partie de ce secteur était liée à la distribution d’OQTF (Obligations à Quitter le Territoire Français) qui pleuvaient dès qu’un policier croisait un Rom. Aujourd’hui, on pourrait espérer que la police soit moins stupide. Pour ma part, je pense que c’est plutôt l’accès à certains dispositifs qui permettent en particulier d’obtenir des Pass Navigo ; donc un peu moins de fraude à la RATP et donc moins d’OQTF.

La question scolaire, reste très largement minoritaire. A cela aussi plusieurs explications.

1. Du fait de l’impossibilité pour les enfants d’être scolarisés sur Champs (temps de trajet et cout prohibitif de la cantine) cette question revient peu.

2. A contrario, les mises à l’abri via les hôtels du 115, dès lors qu’elles sont un tant soit peu durables, induisent immédiatement une scolarisation des enfants. Mais ce travail est très souvent géré hors des permanences par des militants qui se rendent sur les différents sites hôteliers de la région.

On pourrait dès lors souhaiter que le nombre d’enfants scolarisé augmente, ce qui signifierait que nous progressons sur ce terrain. Mais les Mairies de Champs-sur-Marne et Noisiel font tout ce qui est possible pour interdire l’accès des enfants à l’école.

Enfin les « autres » demandes nous trouvons : les besoins de comptes bancaires, l’hébergement via le 115, les demandes de RSA et les cours de français.

Là les choses semblent à peu près stables.

Ci-dessous le détail de ces grands chapitres et leurs évolutions d’une année à l’autre.

motif des venues

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