Collectif Romeurope du Val Maubuée

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Romeurope (national

Communiqué de presse du Collectif de soutien des roumains d’Ivry

Bidonville Truillot :
« Monsieur le député attaquez vous à la pauvreté pas aux pauvres »

Nous, Ivryens, avons appris récemment que nous avions un député sur la circonscription : Monsieur Jean-Luc Laurent. C’est vrai qu’il est aussi maire de la ville voisine du Kremlin-Bicêtre, il cumule.

Donc ce député est tout à coup préoccupé par un grave problème social se déroulant à Ivry. Il découvre un bidonville « roms » rue Truillot. Celui-ci existe sur sa circonscription depuis cinq ans, une situation humaine d’une gravité sans précédent, sans qu’à aucun moment il ne s’en préoccupe, se renseigne, fasse preuve si ce n’est de solidarité, au moins de curiosité. Rien.

Ce député arrive sur cette réalité en surfant sur la montée d’une vague xénophobe, romophobe, vague qui trouve sa source dans des nuisances dues à l’existence d’une poche de misère.

C’est la pauvreté qui produit des nuisances pas les pauvres.

Ce député, négligeant le travail entrepris, les revendications formulées par notre collectif, pose une question écrite au gouvernement demandant l’expulsion sèche du bidonville. Demander l’expulsion comme le fait ce député est moralement scandaleux, personne ne peut être chassé de sa maison, même si sa maison est une baraque.

C’est aussi socialement stupide, les familles expulsées ne vont pas disparaître, elles sont dans le quartier depuis si longtemps, elles vont rester, se disperser sur la ville et les villes aux alentours, peut-être même au Kremlin-Bicêtre ?

Le but de cette manoeuvre est uniquement démagogique.

Il est dommage que Martin Hirsch, qui avait pris des engagements de laisser les enfants finir leur année scolaire, cède à cette injonction et demande au Préfet le concours des forces de l’ordre pour expulser les habitants du bidonville. Nous attendions autre chose d’un ancien président d’Emmaüs.

Les solutions et les moyens existent pour résoudre cette crise humanitaire, c’est à l’État de les mobiliser. En France il y a dix sept mille roms, rapportés à la population française de plus de soixante millions d’individus, c’est une goutte d’eau démographique. L’État a eu à résoudre des problèmes d’une autre importance.

Nous ne pouvons nous empêcher de penser que de déposer au parlement national, la veille des commémorations de la victoire contre le nazisme, une question écrite demandant le « déplacement » d’une population ethniquement stigmatisé est lourd de menaces.

Le comité de soutien aux roumains d’Ivry avec les associations et les progressistes de tous horizons continuera à se battre pour le respect des droits humains. En tout premier lieu pour qu’aucune expulsion n’ait lieu sans relogement. Si la ville d’Ivry et le Département ont relogé 22 familles, l’État accuse une année de retard dans la livraison de dix logements prévus.

Au-delà de ces 32 familles, il reste 76 familles sur le bidonville auxquelles il faut trouver une solution d’habitat. C’est à l’État, à la solidarité régionale et à celle des villes voisines, y compris le Kremlin-Bicêtre, qu’il incombe de trouver des solutions, pour que personne ne finisse à la rue.

 

Vendredi 8 mai 2015
Le Collectif de soutien aux Roumains d’Ivry.

 

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