Collectif Romeurope du Val Maubuée

Membre du Collectif National Droits de l'Homme Romeurope

Communiqué de presse

A Champs sur Marne a eu la 36° expulsion, depuis deux ans, de bidonvilles occupés par des familles roumaines.

200 personnes ont ainsi été jetées à la rue, sans autre forme de procès. La police aidée d’ 1/2 compagnie de CRS (40 CRS) a donné 10 minutes aux familles pour quitter leurs habitations de fortune, avant d’envoyer les pelleteuses pulvériser leurs habitats.

La DDCS, le 115 et la Croix Rouge sont arrivés un peu plus tard mais on leur avait dit que l’intervention serait à 9h. Elle a finalement a eu lieu ½ heure plus tôt. La mairie fut la grande absente alors qu’elle était à l’initiative de cette action.

Les familles n’ont eu le temps que de sortir le strict minimum de leurs affaires, alors que notre collectif se voyait interdire l’accès du bidonville, pour les aider à mettre ces affaires à l’abri.
La mairie contactée pour la mise à disposition d’un abri pour les familles a refusé au motif que cela était de la seule responsabilité de l’Etat. Il aura donc fallu une réquisition préfectorale pour qu’un vestiaire, soit ouvert, après 4 heures d’attente sur le trottoir. Tout ceci bien évidement alors que nous savions tous pertinemment et depuis longtemps, qu’aucune solution d’hébergement d’urgence n’était mobilisable à ce moment.

Il a donc fallu que les bébés, les personnes âgées, gravement malades, les femmes enceintes, les personnes handicapées, et les autres passent 4 heures au bord de la route déclarée dangereuse pour leur bidonville, à attendre un peu d’humanité de la part de la préfecture. Elles ont tout perdu elles qui ont pour seule faiblesse d’être pauvres, et très pauvres.

Que penser de cet amalgame sécuritaire ou la faiblesse et la pauvreté sont confondu avec un danger pour la société. Il serait urgent que nous nous questionnions chacun de notre côté puis collectivement sur ce que cette politique choisie et conduite en connaissance de cause va engendrer très prochainement.

Il va maintenant falloir recommencer tout le travail d’insertion entrepris par ces familles avec le soutien de notre collectif, que ce soit sur les questions scolaires, sociales, professionnelles ou sanitaires. Mais que ce soit la collectivité locale, la communauté d’agglomération, le conseil général, l’Etat ou l’Europe, tout le monde se renvoie la responsabilité de ces traitements de plus en plus inhumains et dégradants.

Lorsque l’on se dit pays des droits de l’homme, les pratiques auxquelles nous avons une fois encore été confrontées, devraient être immédiatement et très lourdement sanctionnées par les instances internationales, au risque de renvoyer les règles et droit humains de base, à une mascarade, et le discours humaniste à une stricte stratégie de communication.

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