Collectif Romeurope du Val Maubuée

Membre du Collectif National Droits de l'Homme Romeurope

L’année 2014 du collectif Romeurope du Val Maubuée

Pour notre collectif et les populations d’origine roumaines installées dans les bidonvilles du Val Maubuée, l’année 2014 aura été marquée par divers éléments, dont la liste n’est pas exhaustive mais qui ne sont pas sans incidences sur l’action du collectif et surtout sur les conditions de vies des habitants des bidonvilles.

En premier lieu rappelons qu’à compter du 1er Janvier 2014, les citoyens Roumains et Bulgares, (bien qu’ils soient européens), ont maintenant le droit de travailler normalement en France. Ceci n’a pas réglé tous les problèmes, d’autant qu’en période de crise, il ne suffit pas d’une simple autorisation de travail. Cela a cependant permis à un certain nombre des personnes suivies par notre collectif de pouvoir trouver un emploi (quand bien même ceux-ci restent précaires).

2014, c’est la mise en place des permanences au sein de la maison de quartier de la ferme du buisson, qui nous accueille tous les mardi soir de 17 à 19 heures. En 6 mois d’existence ce ne sont pas moins de 300 personnes qui ont pris l’initiative de venir travailler avec nous pour chercher du travail, régler des problèmes scolaires, d’hébergement, de santé, de comptes bancaires, etc… Mais on continuera certainement à nous dire que ces personnes n’ont pas vocation à rester en France….

C’est aussi l’année de la création de notre association (ACRVM), qui se veut un support technique aux actions du collectif et qui a commencé à monter des projets ainsi que leur demandes de financement. Projets autour de la scolarisation des plus jeunes (maternelle) et de l’aide aux devoirs pour ceux qui peuvent encore accéder à l’école. Ce sont aussi des projets d’accompagnement des enfants de bidonvilles à des spectacles de la Ferme du Buisson avec laquelle nous avons construit un partenariat sur ces projets.

C’est également la poursuite du partenariat élaboré avec le Réseau Ville Hôpital pour aider les personnes dans la grande précarité et des situations sanitaires complexes à se soigner. C’est aussi un bilan très positif qui se solde par une importante réduction des passages aux urgences, la mise en place de médecins référents pour un certain nombre, et des prises en charges y compris à titre préventif efficaces et pertinentes.

Nous avons aussi commencé au cours de cette année à construire d’autres partenariats, avec d’autres structures associatives ou intervenants locaux, y compris avec l’association EMMAUS avec qui nous avons débuté un travail de fond sur ces questions. C’est aussi le renforcement du partenariat que nous avons construit avec le 115 afin de faciliter une meilleure prise en compte pour les familles concernées.

Durant l’été ce fut aussi l’occasion pour une partie de notre collectif d’aller découvrir la Roumanie, comment y vivent les Roms connus ici, tenter de comprendre pourquoi ils sont là, et ce sera pour 2015, une exposition qui expliquera nos découvertes, racontera nos rencontres et notre vécu sur place.

Mais, 2014 c’est aussi 14 expulsions, qui ont concernées environ 1500 personnes, soit près d’une centaine à chaque expulsion. C’est donc à chaque fois tout à refaire, que ce soit les prises en charges médicales, la scolarisation des enfants, la reconstruction d’abris pour les familles, et la recherche de matériel de survie (matelas, couvertures, gamelles…)

2014 est aussi du point du vue de l’élaboration de solutions avec les collectivités locales, une année supplémentaire d’échecs. En effet, aucun de nos élus n’accepte de nous recevoir, ou du moins de prendre le temps d’une réflexion pourtant nécessaire dans cette période de mise à mal de toutes les valeurs humanitaires et républicaines.

Mais c’est aussi et surtout une évolution catastrophique de nombreux point de vues de la législation quand l’intervention des pouvoirs publics sur la suppression des bidonvilles.

Enfin, la fin de l’année 2014 aura vu une «avancée» : aujourd’hui il n’est plus besoin de solliciter la justice pour dire le droit et mettre les familles à la rue. Les maires peuvent dorénavant le faire seul (modulo le recours à la force publique) marquant ainsi un monstrueux retour en arrière de l’état de droit, et laissant aux élus locaux des possibilités contraires à tous les principes humanitaires et du droit européen.

Enfin, 2014 c’est une volonté politique toujours plus affirmée de considérer ces 17 000 migrants économiques comme des anomalies humaines qui n’auraient rien à faire ici. Pourquoi les empêcheraient-on de migrer alors que nos compatriotes eux, le font sans aucun soucis, ils sont ainsi environ 2,5 millions à émigrer vers d’autres pays…

Les commentaires sont fermés.