Collectif Romeurope du Val Maubuée

Membre du Collectif National Droits de l'Homme Romeurope


J-22 AVANT LA TRÊVE HIVERNALE : LES PRÉFETS EXPULSENT MASSIVEMENT LES HABITANTS DES BIDONVILLES. UN CHOIX INEFFICACE ET INHUMAIN.

Communiqué de presse

Paris, le 10 octobre 2017

Depuis début juillet, plus de 4600 personnes, dont de nombreux enfants, se sont vus expulsés du bidonville ou squat où ils vivaient, soit près de 50 personnes par jour[1]. Dans la moitié des cas, des solutions d’hébergement d’urgence ont été proposées, pour quelques nuits seulement.

Ces expulsions, incessantes depuis plusieurs années ont de lourdes conséquences pour les habitants, fragilisés par des années d’errance : cette semaine, un homme de 60 ans, expulsé le 27 septembre de son bidonville à Choisy le Roi, suivi à l’hôpital pour une condition cardiaque fragile, est mort dans sa voiture[2].

Ce drame s’inscrit dans un contexte d’expulsions à répétition, réponse privilégiée des pouvoirs publics depuis des années. Avec pour seuls effets la rupture des démarche d’insertion et de suivis sanitaires, la déscolarisation des enfants… Détruire les habitats précaires sans solution ambitieuses, adaptées et stables n’a fait que développer l’exclusion, la précarité. Le paradoxe est que le nombre de bidonvilles et squats ne diminue pas et semble au contraire entretenu par ces décisions irrationnelles.

Or, l’objectif commun doit rester la sortie du bidonville, car les bidonvilles sont des lieux dangereux, où les incendies sont fréquents et parfois mortels. Nous comptons 21 incendies dans des bidonvilles ou squats en 2017 et plus de 100 cumulés depuis 2012.

Depuis janvier 2017, la trêve hivernale s’applique enfin aux habitants des bidonvilles[3]. Nous espérions donc que l’hiver 2017-1018 permettrait de réfléchir à comment investir l’argent public dans des opérations de long-terme, alliant accompagnement social et mobilisation du droit commun (du logement, de l’emploi, la santé, la scolarisation notamment).

Mais au lieu d’élaborer des solutions dignes et pérennes pour les femmes, hommes et enfants contraints de vivre en bidonville et en squat en France, les pouvoirs publics semblent encore avoir choisi la facilité en préférant « faire du chiffre » avant le 1er novembre.

Nous exigeons donc que l’Etat et les collectivités locales clarifient leurs intentions : continuer à expulser et à entretenir la misère, à empêcher l’accès à l’école à de nombreux enfants, à laisser errer des personnes malades ou s’engager dans une véritable politique de lutte contre la pérennisation des bidonvilles, qui passera inévitablement par une période de stabilisation des personnes et de leurs lieux de vie.

 Stop aux expulsions sans solutions de relogement !

 

[1] Selon le recensement conjoint du CNDH Romeurope, de la Ligue des Droits de l’Homme et du European Roma Rights Centre

[2] Communiqué Romeurope 94 http://www.romeurope.org/expulsions-val-de-marne-communique-collectif-romeurope-94/

[3] Communiqué de presse interassociatif, 7 février 2017, http://www.romeurope.org/communiques-romeurope-la-treve-hivernale-sapplique-enfin-aux-bidonvilles-communique-interassociatif/

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Exposition du 3 au 17 octobre + débat/vernissage/musique le 14 octobre , à la MJC de Noisiel — à vos agendas !!!

 

 

2 expositions du 3 au 17 octobre

MJC de Noisiel
34 Cours des Roches

(2mn à pied de la gare RER de Noisiel, ligne A)

 

Samedi 14 octobre à 17h

Café de Lumières :

 » Résorber les bidonvilles, les solutions existent « 

 

A partir de 19h

Vernissage des expositions et soirée musicale

 


Ségrégation scolaire : beaucoup d’enfants demeurent privés d’une éducation de qualité

« Le droit à l’éducation est un droit fondamental de la personne humaine. Pourtant, de nombreux pays européens refusent encore de scolariser des milliers d’enfants – des enfants handicapés, des enfants roms, des enfants réfugiés ou migrants – sur un pied d’égalité en les maintenant dans des établissements séparés, au mépris des droits de l’enfant. Ceci a des conséquences négatives considérables sur nos sociétés. Les États membres ont le devoir de garantir le droit de chaque enfant à une éducation de qualité sans discrimination », a déclaré M. Nils Muižnieks, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, à l’occasion de la publication d’un document portant sur l’éducation inclusive comme moyen de lutter contre la ségrégation scolaire. [STRASBOURG 12/09/2017]

Ce document s’attache d’abord à donner une vue d’ensemble de la ségrégation scolaire dans les États membres du Conseil de l’Europe et à en analyser les principales causes. Il examine ensuite les risques d’une éducation séparée et énonce les grands principes qui devraient sous-tendre toute politique visant à mettre fin à la ségrégation et à promouvoir l’éducation inclusive. Enfin, le rapport formule 12 recommandations pour l’élaboration de politiques éducatives plus inclusives, qui passe notamment par l’amélioration des lois antidiscriminatoires, des stratégies de déségrégation scolaire et une meilleure réglementation des admissions dans les établissements.

« La ségrégation scolaire porte atteinte aux possibilités d’apprentissage des enfants et constitue une injustice manifeste envers les minorités et d’autres catégories de personnes vulnérables, contribuant par là même à perpétuer leur marginalisation », a déclaré le Commissaire. « Les États doivent adopter à la fois des mesures antidiscriminatoires conséquentes et une politique axée sur la promotion d’un système éducatif plus inclusif, dans lequel tous les enfants apprennent ensemble. Il ne s’agit pas d’un projet utopique mais d’un objectif réalisable qui permettra d’assurer un traitement plus égal de tous les enfants et, à long terme, d’améliorer la cohésion sociale », a-t-il affirmé.


Pas de rentrée en musique pour des milliers d’enfants précaires !

Paris, le 1er septembre 2017

4 septembre 2017. Les élèves sont invités par le Ministère à accueillir leurs nouveaux camarades en musique pour leur souhaiter la bienvenue. Mais pour certains enfants, la rentrée sera d’un silence assourdissant. Ils sont méconnus du grand public voire ignorés des institutions, mais des milliers d’enfants ne feront pas leur rentrée en septembre 2017. Car ils ont été expulsés cet été d’un bidonville ou d’un squat et qu’ils n’ont pas de domicile stable…  Lire la suite


De l’accueil à l’autonomie : familles Roms à Gardanne

Ce livre, est le récit critique de plus de quatre années d’accompagnement vers l’autonomie économique et sociale de famille Roms installées à Gardanne, commune ouvrière de 20 000 habitants située entre Marseille et Aix-en-Provence. Une histoire qui illustre les difficultés rencontrées, les déceptions et les satisfactions des acteurs, mais aussi l’efficacité d’une coopération étroite entre pouvoir politique et institutionnel d’une part, et société civile d’autre part. Un ouvrage qui passionnera tous les bénévoles engagés dans un collectif. Lire la suite